Globules rouges sur papier.
De longues traînées rougeâtres coulent le long du mur; visiblement quelque chose s'est passé ici.
Les tâches et les trous dans la baie vitrée prouvent que des coups de feu ont été tirés.
La pièce est imprégnée d'une odeur nauséabonde, une odeur de mort. Il n'y a pourtant ni corps, ni preuves concrètes qui montrent que la mort est passée par là.
Mes pas trempés dans le sang, laissent des marques sur le sol. Je continue mon ascension vers la vérité.
Une porte se dresse devant moi; dans quelques secondes je saurais.
Puis, rien. Absolument plus rien.
Juste du blanc.
Un monde de coton m'entoure et me destabilise. Un monde remplie de rien, de factice, de néant.
Cela m'effraie mais je ne peux rien faire, je suis comme fixé au sol, pourtant mes pieds ne touchent rien, je suis dans le vide, comme suspendu par quelque chose, quelque chose d'invicible.
Je flotte.
* *
*
Je ne sais plus ou j'en suis, la vérité est effrayante et morbide.
Voila pourquoi je ne peux en parler à personne.
Je ne pense pas être quelqu'un de foncièrement méchant mais mes actes antérieurs prouvent le contraire.
J'aimerais à ce moment précis usurper l'identité d'une femme, une femme qui ne serait pas moi.
Un femme douce et aimante. Pas besoin de beauté et de classe, ça je l'ai déja.
Je veux juste qu'on m'oublie, qu'on oublie ce que j'ai fais il y a longtemps, qu'on me pardonne mes fautes même.
Mais ca serait trop en demander.