Il a mit sa vie entre mes mains. Mes mains si frêles et si déstructrices.
Ses cris resonnent encore dans ma tête comme un boomerang qui reviendrait se cogner contre ma boîte crânienne à intervalles irréguliers.
Elle est partie dans un monde inconnue, a cause de moi.
Elle ne désirait que rester parmis nous, VIVRE tout simplement.
Mais justement, par ma faute elle n'aura jamais l'occasion de VIVRE ses premiers émois amoureux, sa premiere fois avec un garçon, son premier job d'été, sa premiere dépression nerveuse, et j'en passe.
Elle ne VIVRA pas, elle finira le commencement de sa vie dans une autre dimension, une dimension ou les petites filles ne finissent pas; si seulement Dieu existait.
C'est arrivé un jour de septembre 1994. Il faisait un temps radieu, un soleil rayonnant illuminait le jardin de la "maison du bois", c'est le nom que portait la demeure de mon grand-père à l'époque.
Une vaste bâtise pleine de souvenirs et de musique (mon grand-père était pianiste).
Je repense souvent avec nostalgie à tous ces moments agréables et délicieux passés dans cette maison.
La balançoire rouillée en haut de la coline, le petit potager de ma grand-mère qu'elle entretenait avec soin, le linge frais qui séchait sur les cordes, l'odeur du lilla et des roses, les précieux rayons de soleil filtrés par mes volets de chambre et surtout, SURTOUT, le bois qui bordait (et qui borde encore) cette fameuse demeure si conviviale. J'ai passé un temps inimaginable dans ce bois à m'inventer des amis, à courir aprés des monstres fictifs, à faire des déclarations à un arbre que j'avais rebaptisé "Samuel".
Samuel était grand, brun, rassurant et protecteur, romantique (mais pas mielleux), blagueur et avant tout charmeur. Il avait ce petit plus que les autres arbres n'avaient pas et seule moi connaissait ce "petit plus".